17/10/2017
AccueilÉcologieBloom dénonce la transformation de 90 % de poissons comestibles en farine

Bloom dénonce la transformation de 90 % de poissons comestibles en farine

Sardines, anchois, sprats, krill et et autres « poissons fourrage »… Ces animaux situés au bas de la chaîne alimentaire servent trop souvent à alimenter des poissons d’élevage (saumon, cabillaud, daurade, etc.), des porcs ou des poulets, menaçant la sécurité alimentaire de populations qui s’en nourrissent.

Dans un rapport intitulé Le côté obscur de l’aquaculture, l’ONG Bloom dénonce cette industrie intensive, alors qu’entre « 1950 et 2013, 25 % des captures de poissons dans le monde (…) ont été réduites en farine et en huile ». Soit 20 % des captures mondiales.

Contraire au Code de conduite pour une pêche responsable

Pourtant, « 90 % des espèces ciblées pour être réduites en farines sont comestibles, c’est ça l’aspect le plus scandaleux et problématique » de la pêche minotière, souligne Claire Nouvian, présidente de Bloom. D’autant qu’« il faut quatre kilos de poisson sauvage pour faire un kilo de poisson d’élevage ».

Les volumes pêchés sont donc « absolument phénoménaux » pour alimenter une aquaculture qui fournit désormais près de 50 % du poisson consommé dans le monde (9,8 kg par an et par habitant en 2012).

Selon Bloom, l’aquaculture est la principale utilisatrice des farines de poisson (environ 57 % de la production mondiale), devant l’élevage de porcs (22 %), le secteur avicole (14 %), le reste étant utilisé pour l’alimentation d’animaux domestiques ou de visons. « Ça devient un business plan », déplore l’ONG selon qui tout le cycle de la pêche minotière est contraire au Code de conduite pour une pêche responsable établi par l’ONU.

Un Code qui stipule notamment que « la transformation en farine et huile de petits poissons pélagiques de qualité alimentaire doit être limitée aux espèces non consommables ».

L’ONG préconise également une « aquaculture intégrée »

L’ONG recommande d’interdire la certification « pêche durable » pour la pêche minotière, de s’attaquer à la surcapacité de pêche et de fabriquer des farines protéinées à partir d’insectes plutôt que de poissons.

Elle préconise également une « aquaculture intégrée », sur le modèle de celle pratiquée il y a des milliers d’années en Chine. Dans ce système, les poissons se nourrissent des déchets de l’agriculture et fertilisent eux-mêmes les plantes en libérant des nutriments

Source : 20minutes.fr – 14.02.2017

Partager avec :
Mots-clés
Évaluer l’article
Aucun commentaire

Désolé, le formulaire de commentaire est fermé pour l'instant.