19/11/2017
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Cent jours derrière les barreaux pour les défenseurs des droits de l’homme

#Istanbul10

Le 12 octobre dernier a marqué les cent jours de l’arrestation de dix défenseurs des droits de l’homme en Turquie au cours d’un atelier de formation. À ce jour, ces militants risquent jusqu’à dix ans d’emprisonnement pour leur travail en faveur de la défense des droits de l’homme.

Le groupe s’était rassemblé à Büyükada, une des îles d’Istanbul, le 5 juillet dernier, pour participer à un atelier de formation sur la gestion de l’information et le bien-être quand la police a fait irruption. Les autorités ont arrêté les participants et ont saisi le matériel électronique, ordinateurs et téléphones portables inclus. Parmi les personnes arrêtées se trouvait Idil Eser, la directrice d’Amnesty International Turquie.

Le président de l’organisation en Turquie, Taner Kilic, avait, quant à lui, été arrêté un mois avant cette descente, et a été accusé de participer à une soi-disant « conspiration » avec les dix autres militants. Selon les dires de l’agence de presse turque Anadolu, les activistes sont poursuivis pour « appartenance à une organisation terroriste armée ». Ils ont été inculpés cette semaine par le Ministère public turc qui réclame des peines d’emprisonnement de plusieurs années pour chacun d’entre eux.

Tous les inculpés sont turcs excepté les formateurs Ali Gharavi et Peter Steudtner, respectivement suédois et allemand.

Les autorités n’ont pas avancé d’élément concluant pour justifier ces accusations. Les preuves invoquées comprennent une diapositive illustrée d’une carte des groupes de langues turc, irakien et iranien, ainsi qu’un croquis représentant des silhouettes et des icônes, dessiné pendant l’atelier par Ozlem Dalkiran, un autre membre du groupe. Tous les détenus ont démontré, par leurs nombreuses années de travail, leur engagement envers une protection universelle constructive et pacifique des droits de l’homme en Turquie, telle que le prévoient les lois locales et les normes internationales en la matière.

À la suite d’une comparution devant le tribunal le 17 juillet dernier, ils ont connu une période d’incertitudes pendant laquelle certains d’entre eux ont été relâchés puis arrêtés de nouveau. Nejat Tastan et Seyhmuz Ozbekli sont actuellement libres, mais sont soumis à une interdiction de sortie du territoire et doivent se présenter aux agents chargés de leur surveillance deux fois par semaine.

Amnesty International, dont le président et la directrice d’Amnesty International Turquie sont également poursuivis, décrit la situation comme « scandaleuse ».

Les accusations sont « risibles », selon l’organisation Human Rights Watch qui dénonce une tentative d’entrave aux actions en faveur des droits de l’homme :

«La vérité, c’est que ces militants des droits de l’homme sont poursuivis non pas pour conspiration, mais de manière à les réduire au silence et rendre leur travail impossible.»

Source : fr.globalvoices.org

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