17/10/2017
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Kenya : le plus grand camp de réfugiés au monde restera ouvert

La justice kényane a déclaré jeudi «nulle et non avenue» la décision du gouvernement de fermer le complexe de réfugiés de Dadaab, le plus grand au monde, affirmant que Nairobi a violé ses obligations internationales en ordonnant le rapatriement dans leur pays de réfugiés somaliens.

Nairobi avait pris de court les réfugiés, les agences humanitaires, l’ONU et ses partenaires occidentaux en annonçant le 6 mai 2016 sa décision de fermer Dadaab et de renvoyer de force dans leur pays les réfugiés somaliens qui, dans leur grande majorité, veulent rester au Kenya.

Pour justifier sa décision, le gouvernement kényan avait mis en avant la sécurité nationale, assurant, sans en fournir la preuve, que c’est là qu’avaient été planifiées les attaques meurtrières des islamistes somaliens shebab contre le centre commercial Westgate à Nairobi en 2013 et l’université de Garissa (nord-est) en 2015.

«La décision du gouvernement de viser spécifiquement les réfugiés somaliens constitue un acte de persécution d’un groupe, est illégale, discriminatoire et donc anticonstitutionnelle», a déclaré le juge de la Haute Cour John Mativo, se prononçant sur une plainte déposée par la Commission nationale kényane des droits de l’homme, organe officiel institué par la constitution, et l’ONG kényane Kituo Cha Sheria.

Reprochant au gouvernement de ne pas avoir consulté ses partenaires et les réfugiés avant d’ordonner la fermeture de Dadaab, le juge Mativo a déclaré cette décision «nulle et non avenue».

Il a également jugé que la décision de rapatrier les réfugiés somaliens «contre leur volonté viole le principe de non-refoulement» exprimé dans la convention de l’ONU de 1951 sur le statut des réfugiés et ordonné la reprise immédiate des activités de l’organisme gouvernemental responsable des réfugiés (DRA), dissous par le gouvernement.

Le gouvernement a annoncé dans un communiqué sa volonté de faire appel, reprenant son argument sécuritaire: «Notre principale responsabilité est de garantir la sécurité de tous les Kényans (…) Le camp a perdu sa vocation humanitaire et est devenu un havre pour le terrorisme et les activités illégales».

Source : lapresse.ca – 9 février 2017

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