17/10/2017
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La liberté de presse menacée aux quatre coins du globe

De l’Afrique à l’Amérique en passant par l’Asie, la liberté de presse est menacée dans le monde. En ce 3 mai, Journée mondiale de la liberté de presse, différents organismes et opposants aux tendances politiques autocratiques dénoncent les pratiques qui freinent la libre circulation de l’information sur la planète. Survol.

Tendances autocratiques

En Tanzanie, depuis l’élection en octobre 2015 du président John Magufuli, le pays a réduit sérieusement l’espace d’expression des journalistes, qui se voient de plus en plus réprimés dans l’exercice de leur métier. Surnommé « tingatinga » – bulldozer en kiswahili -, le président Magufuli est pointé du doigt pour ses tendances autocratiques.

Par exemple, Maxence Melo, fondateur de JamiiForums, l’un des pôles d’information les plus suivis en Tanzanie, a été arrêté le 14 décembre 2016. Il est aujourd’hui poursuivi pour avoir refusé de divulguer l’identité des sources qui lui ont permis de révéler plusieurs scandales de corruption impliquant des sociétés privées proches du pouvoir.

Pour l’organisme Reporters sans frontières (RSF), « le nouveau président tanzanien ne tolère aucune critique de lui-même ou de son programme ». Résultat : le pays a reculé de 12 places, de la 71e à la 83e, dans le classement mondial de la liberté de presse publié le 26 avril dernier par RSF.

Du côté de la Tunisie, un collectif d’ONG locales et internationales a mis en garde contre un recul de la liberté de la presse et d’expression dans l’unique pays rescapé du Printemps arabe, six ans après la chute de la dictature. Selon ce collectif, « le gouvernement tunisien n’a eu de cesse ces dernières semaines de resserrer l’étau sur la presse », affirment ces 25 associations dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Ces ONG, dont RSF et le Syndicat des journalistes tunisiens, déplorent entre autres la fermeture récente d’un journal hebdomadaire, en marge de l’état d’urgence en vigueur dans le pays depuis plus d’un an et demi. « C’est la première fois depuis la chute de la dictature (…) qu’un journal est interdit de la sorte », s’inquiètent ces ONG.

Meurtres de journalistes

Au Mexique, l’impunité des meurtres de journalistes est dénoncée par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Quatre journalistes ont été assassinés depuis le début d’année, après une année 2016 marquée par le chiffre record de 11 reporters exécutés.

Le CPJ déplore que le système judiciaire mexicain « soit dysfonctionnel et débordé », ce qui fait que les crimes restent impunis.

Dans ce pays, les assassinats de journalistes ont fortement augmenté depuis 2006, année où le gouvernement a déployé l’armée dans le pays pour lutter contre le narcotrafic. Depuis cette date, il se commet de trois à dix homicides de journalistes par an, selon des chiffres de l’ONG Articulo 19.

Croix symbole

Un militant dépose des croix sur le mur du bureau du procureur général mexicain, en souvenir des journalistes assassinés dans le pays.

En 2016, 11 reporters ont été exécutés au Mexique. La violence est aussi présente au Honduras, où 69 journalistes, patrons et employés de presse ont été tués depuis 2001, selon le Commissariat national aux droits de l’Homme du Honduras (Conadeh). En réponse, le Conadeh a demandé aux autorités locales « d’intensifier les efforts faits pour enquêter et poursuivre les responsables des crimes » commis contre des personnes travaillant pour des médias. « 91% des 69 cas enregistrés entre 2001 et 2017 sont toujours impunis », a rappelé le Conadeh à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Censure en ligne

En Chine, Internet demeure très contrôlé, le gouvernement bloquant des réseaux sociaux étrangers comme Facebook et Twitter et censurant tous les contenus jugés politiquement sensibles. De plus, la Chine a promulgué ce mercredi 3 mai une nouvelle réglementation qui renforcera l’emprise du régime communiste sur les fournisseurs d’information. Ainsi, dès le 1er juin, les sites Internet, applications, forums, blogues, médias sociaux, messageries instantanées, plateformes de vidéo et autres entités publiant des informations devront obtenir un permis avant de diffuser des contenus concernant le gouvernement, l’économie, l’armée, la diplomatie ou les problèmes sociaux chinois.

Aussi, les entités médiatiques qui ne reçoivent pas d’argent public ne seront plus autorisées à effectuer des reportages originaux. Dans son plus récent rapport sur la liberté de presse, Reporters sans frontières a classé la Chine au 176e rang mondial sur 180 pays, juste devant la Syrie. Visualisation de la situation de la liberté de la presse dans le monde en 2017. En rouge, les pays où la situation est « difficile »; en noir, les pays où la situation est « très grave ».

Classement Reporters sans frontières 2017

Internet est aussi contrôlé en Guinée équatoriale, où l’accès à certains sites d’information, d’opinion et de réseaux sociaux, dont Facebook, est interdit depuis près de quatre ans. Les pages web du journal espagnol El Pais et les sites des principaux partis d’opposition sont également inaccessibles dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Les sites du parti présidentiel et du gouvernement, qui contrôle deux chaînes de télévision et deux radios, sont quant à eux toujours accessibles dans ce pays dirigé par le président Teodoro Obiang, au pouvoir depuis plus de 37 ans. Le pays se place 171e sur 180 au classement 2017 sur la liberté de la presse de Reporters sans frontières.

Source : ici.radio-canada.ca – 3 MAI 2017

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