19/11/2017
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Moustiques tigres en Gironde : « Sortir est devenu un enfer »

Il ne mesure pas plus de 5 mm mais le moustique tigre cause de sacrés désagréments. Avec ses rayures noires et blanches sur le corps et les pattes, il est apparu en France en 2006. Et il ne cesse depuis de gagner du terrain dans l’Hexagone.

L’Aedes albopictus, son autre petit nom, est implanté en Gironde depuis 2013. Le département est même classé au niveau 1 du plan national anti-dissémination des virus du chikungunya, de la dengue et du zika, qui peuvent être transmis par le moustique-tigre. Une surveillance renforcée est donc mise en place jusqu’au 30 novembre.

D’après les témoignages que vous nous avez fait parvenir suite à un appel à témoins, le moustique tigre s’est montré particulièrement virulent et vorace cet été. Et aucune zone du département n’est épargnée : la métropole de Bordeaux, le Blayais, le Libournais, le Sud-Gironde, le Sud-Médoc…

Des sorties impossibles

Du coup, pour beaucoup d’entre vous, la saison estivale a été vécue comme un calvaire. « Nous sommes obligés de fuir notre jardin », explique Charlotte Escalera, qui réside au Bouscat. A Bordeaux, Mélanie Margotton est « infestée par ces insectes depuis le pic de chaleur du mois de juin. Cela fait neuf ans que j’habite à Caudéran et c’est la première fois que je suis aux prises avec eux au point de plus pouvoir profiter de ma cour. C’est invivable ! » Caroline Gavelle, à Bègles, envisage même de déménager.

A Ambès, Jérémy Dugauguez parle, lui, d’ « invasion ». « On ne peut pas sortir 5 minutes sur le balcon sans que les moustiques arrivent par dizaines. 10 minutes pour étendre le linge, cela signifie 10 piqûres ! »

A Ambès toujours, Amélie Guisasola se souvient qu’un traitement avait été réalisé en 2015. « Nous avions constaté une légère amélioration. Mais depuis plus rien n’a été fait. Sortir dehors est devenu un enfer.A partir de 17 heures, ce n’est même plus envisageable de sortir sans s’asperger le corps de produit. »
Friand des eaux stagnantes

Le moustique tigre a besoin d’eaux stagnantes pour y déposer ses larves, comme des étangs ou des marais. C’est le cas de Cathy Pioton, qui habite à Arveyres, près de Libourne.

« Nous sommes proches des marais, le terrain qui jouxte notre jardin appartient à la mairie est n’a pas été nettoyé depuis quatre ans. Le fossé se remplit à chaque marée haute car nous sommes près de la rivière : ça pullule. »

Lilou Nanou, elle, réside en Sud-Médoc, à Arsac « une zone relativement humide au niveau des sols avec les alluvions de la Garonne et des marécages, drainés en partie. Ici, beaucoup de personnes possèdent une piscine et arrosent leur jardin. Cela entretient une certaine humidité. »

A Talence, près de chez Jean-Philippe Vigne, le problème est tout autre. « Le toit du centre commercial voisin de ma résidence abrite une mare particulièrement importante. Ainsi, il y a une véritable communauté de moustiques, aussi bien tigres que « normaux » ».

Mais parfois l’eau stagnante provient tout simplement de vases ou de gouttières mal entretenues. David Feburier habite à Bordeaux, dans le quartier Bergonié, où il n’y a ni étang, ni marais.

« Cela signifie que la réserve d’eau d’où émergent les larves et où pondent les adultes est artificielle. Il est donc très probable qu’une vieille piscine ou que quelques coupelles de pots de fleurs font le bonheur de ces insectes. »

Séverine Huot du Bouscat respecte désormais les conseils prodigués par les services sanitaires, auprès desquels elle a récemment fait un signalement de moustiques tigres : « il faut mettre du sable dans les dessous de pots de fleurs pour éviter l’accumulation de l’eau et la prolifération des larves ».

Des répulsifs inefficaces ?

Pour beaucoup d’entre vous, les moustiques tigres sont particulièrement virulents cette année. Et rien ne semble pouvoir les arrêter. Nathalie Allain, une habitante de Bègles, a pourtant investi dans de nombreux répulsifs. Mais rien n’y fait.

« Nous sommes bien équipés : prises, sprays à la citronelle que je mets quotidiennement sur mes enfants et nous-mêmes, et une lanterne. Pourtant, hier soir, 20 minutes dehors = 15 piqûres. »

Xavier Forsans, de Talence, trouvent que les « serpentins que l’on allume arrivent un peu à les éloigner, contrairement à la lotion anti-moustique habituelle ».

Des piqûres douloureuses

Et qui dit répulsifs inefficaces dit piqûres. Et le moins que l’on puisse, c’est qu’on les sent passer. Elles sont vraisemblablement plus douloureuses que les piqûres de moustiques « normaux », comme le confirme Charlotte Escalera, qui les trouvent « plus urticantes ». Pour Christophe Gaujacq, « elles ont tendance à vite s’infecter ». « Mes enfants ont des réactions assez violentes sur le corps, confie Nathalie Allain. Je les retrouve avec de larges auréoles et piqûres rouges, chaudes et gonflées. » Emmanuel Lefevre parle même d’ »hématomes ».

Source : sudouest.fr

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