17/10/2017
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Tchad, Togo, Congo : cette colère qui monte

Quotidien difficile, avenir obstrué, renchérissement du coût de la vie : les étudiants et les citoyens lambda ont décidé de se faire entendre.

C’est dans un lycée déserté, où les résidus de gaz lacrymogènes piquent encore les yeux et où le mât flanqué de la bannière tchadienne jonche le sol, que nous emmène le site d’info tchadien Alwihdainfo.com. Son reportage s’intitule « Tchad : atmosphère post-violence, élèves et professeurs asphyxiés et drapeau arraché », et se déroule au lycée de Walia, dans la capitale tchadienne N’Djamena. Si cet établissement est vidé de ses occupants et offre un tel spectacle de désolation, avec « ses douilles de gaz dans la cour » et ses « quelques motos et vélos abandonnés par les élèves », c’est parce qu’il a gardé portes closes ce jeudi 2 mars, en signe de protestation contre la violence policière qui a pénétré dans ses murs la veille.

Au Tchad, la révolte des étudiants

La proviseur a été hospitalisée à la suite de jets de gaz lacrymogènes, et « plusieurs lycéens sont tombés, évanouis dans la cour », note le site d’infos. Sur Twitter, on mentionne la mort d’un élève, mais l’information n’est pas confirmée. Dans un autre article, Alwihdainfo précise que 41 jeunes ont été interpellés et qu’une commerçante aurait été tuée.

Cet épisode de confrontation violente entre les forces de l’ordre et des élèves s’inscrit dans une crise sociale profonde, qui déborde depuis des mois dans les milieux estudiantins. Le 31 janvier, le malaise se manifestait devant l’Assemblée nationale. On pouvait y voir une centaine de jeunes brûler leurs diplômes. Tout un symbole. Entre de longues études perçues comme inutiles, un sentiment d’abandon, ou la frustration engendrée par la « rareté de l’emploi », ils exprimaient par cet acte marquant leur désarroi.

Source : afrique.lepoint.fr – 5 mars 2017

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