20/10/2017
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Tollé contre la loi israélienne sur les colonies

Washington s’est abstenu de tout commentaire en attendant une décision judiciaire.

Adoptée lundi soir, la loi autorise l’État à s’approprier, contre compensation, des terrains privés palestiniens en Cisjordanie sur lesquels des Israéliens ont construit sans autorisation.

Dénoncée comme un crime de guerre, un vol légalisé ou un pas de plus vers l’annexion de la Cisjordanie occupée, la nouvelle loi israélienne en faveur des colons a scandalisé mardi les Palestiniens et les défenseurs d’une solution à deux États.

La réaction du gouvernement américain de Donald Trump a offert un frappant contraste avec ce tollé, le département d’État et la Maison-Blanche se refusant à commenter cette loi qui autorise l’État israélien à légaliser des colonies sauvages et à s’approprier des terres palestiniennes.

Pour ses promoteurs, la loi protégera les colons d’évictions, en référence à la colonie sauvage d’Amona qui vient d’être démantelée sur ordre de la Cour suprême israélienne.

D’ailleurs, les défenseurs des droits de la personne et de la cause palestinienne ont annoncé leur intention de saisir la Cour suprême pour faire annuler le nouveau texte.

De Londres au Caire — siège de la Ligue arabe — en passant par Paris, Berlin, Bruxelles, Ankara ou Amman, la loi a suscité des condamnations, la communauté internationale s’inquiétant d’un nouveau coup porté à une paix insaisissable entre Israéliens et Palestiniens.

«Une telle loi signifie l’annexion définitive de la Cisjordanie.»
Hanane Achraoui

Aussitôt la loi adoptée, les Palestiniens ont réclamé des sanctions. « Une telle loi signifie l’annexion définitive de la Cisjordanie », s’est alarmée la dirigeante Hanane Achraoui, appelant à des « sanctions » internationales contre Israël.

Le président Mahmoud Abbas, en visite à Paris, a dénoncé « une agression contre le peuple » palestinien et un « vol des terres palestiniennes privées ».

Appropriation contre compensation

Adoptée lundi soir par le Parlement israélien (60 voix pour et 52 contre), la loi autorise l’État à s’approprier, contre compensation, des terrains privés palestiniens en Cisjordanie sur lesquels des Israéliens ont construit sans autorisation. Elle devrait revenir à légaliser 53 colonies dites sauvages et à exproprier au minimum plus de 800 hectares de terres palestiniennes, selon l’organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant.

Le patron de l’ONU, Antonio Guterres, a averti que la loi, « en infraction avec la loi internationale », aura « d’importantes conséquences juridiques pour Israël ». Et pour le coordinateur de l’ONU pour le processus de paix, Nickolay Mladenov, une « ligne rouge très épaisse » a été franchie sur la voie d’une annexion de la Cisjordanie.

Dans le même camp, Federica Mogherini, la chef de la diplomatie de l’Union européenne, a exhorté Israël à « ne pas mettre en oeuvre » la loi, qui « franchit un nouveau seuil dangereux ».

Par cette nouvelle loi, le premier ministre Benjamin Nétanyahou « fait du vol la politique officielle d’Israël », a-t-elle dit. Tout cela « pour satisfaire un petit groupe de colons extrémistes et assurer sa survie politique ».

En revanche, le gouvernement Trump s’est gardé de réagir. La nouvelle loi devrait être attaquée devant la Cour suprême, et « le gouvernement Trump se gardera de [la] commenter avant toute décision de justice », a dit un responsable du département d’État.

Sean Spicer, le porte-parole de la Maison-Blanche, a lui aussi refusé de se prononcer, en attendant la visite de M. Nétanyahou, qui rencontrera M. Trump le 15 février à Washington.

Source : ledevoir.com – 8 février 2017

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