22/05/2018
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Ils veulent ressusciter un mammouth d’ici 2 ans

Des biologistes américains veulent créer un hybride éléphant d’Asie-mammouth laineux en utilisant l’inépuisable technique d’édition génétique Crispr/Cas9. L’animal aurait quelques gènes caractéristiques de ce pachyderme disparu, déjà repérés dans l’ADN. Le but : mieux préserver l’éléphant d’Asie… et peupler la toundra de ces « mammouphants » pour combattre le réchauffement climatique. Un projet de « dé-extinction » vraiment compliqué et éthiquement contestable.

Depuis 2015, une équipe de l’université de Harvard, aux États-Unis, travaille sur le projet Woolly Mammoth Revival, quelque chose comme la relance du mammouth laineux. Leur idée diffère donc de celle du clonage, qui avait germé il y a plusieurs années pour faire croître dans le ventre d’une éléphante un embryon dont l’ADN serait d’un mammouth en bon état extrait du sol gelé de la Sibérie. Techniquement hasardeux, ce projet reste dans les limbes.

Les biologistes américains, qui travaillent aussi sur d’autres espèces disparues ou en danger, veulent faire plus simple : créer un hybride, qui serait en fait un éléphant d’Asie portant quelques gènes provenant d’un mammouth laineux. Les derniers progrès de la génétique, en particulier « l’édition » Crispr/Cas9 et le meilleur contrôle des cellules souches, permettent aujourd’hui d’imaginer un tel projet. C’est d’ailleurs ainsi qu’il a démarré, quand, en 2015, l’équipe de Vincent Lynch est parvenue à séquencer le génome de mammouths laineux et à y repérer des gènes responsables de l’adaptation au froid, comme les poils longs.

Le professeur George Church, qui dirige cette équipe, vient de présenter son projet au dernier congrès de l’AAAS (American Association for the Advancement of Science). Voici ce qu’ils ont fait ou souhaitent faire :

Les biologistes ont réalisé une forme de « copier/coller » des gènes d’adaptation au froid et les ont installés dans des cellules d’éléphant d’Asie (en l’occurrence des fibroblastes). Pourquoi cette espèce ? Parce qu’elle est phylogénétiquement plus proche du mammouth laineux que l’éléphant d’Afrique.

Ils ont isolé quatre familles de gènes, correspondant à des caractéristiques anatomiques de ces mammouths : les petites oreilles, la graisse sous-cutanée, les poils longs et l’efficacité du transport d’oxygène par les globules rouges.

Ces fibroblastes ont été reprogrammés pour devenir des cellules souches pluripotentes induites (iPSC) et mises en culture au laboratoire, ce qui évite désormais d’avoir recours à des embryons.

Les chercheurs veulent désormais reprogrammer des cellules souches, en trois cultures différentes, pour tester leurs performances dans trois domaines : le transport d’oxygène (en en faisant des globules rouges), la pousse des poils et le stockage de graisse (sous forme de cellules adipeuses).

Plus tard, le projet consistera à transférer un noyau de cellule de peau portant ces gènes dans un ovule fécondé énucléé et à faire croître cet embryon intégralement in vitro, car les chercheurs ne veulent pas mettre en danger une femelle éléphante.

Source : futura-sciences.com – 20/02/2017

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