21/05/2018
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Mer de Chine : ce que l’on sait du naufrage du pétrolier

Dimanche 14 janvier, le pétrolier iranien Sanchi est entré en collision avec un navire chinois en mer de Chine orientale. Il s’est aussitôt embrasé et a fait naufrage, provoquant un risque accru de marée noire.

La catastrophe écologique guette. Le pétrolier iranien Sanchi a fait naufrage en mer de Chine orientale dimanche 14 janvier après être entré en collision avec un navire chinois. Le mastodonte gît aujourd’hui au fond de l’eau, mais en surface la mer continue de brûler et l’espoir de retrouver des survivants parmi les membres d’équipage est anéanti.

Dimanche, le navire est entré en collision avec un cargo à environ 300 km à l’est de Shanghai. Ce jour-là, le navire « s’est subitement embrasé » et la totalité du bâtiment qui transportait 136.000 tonnes de condensats – un type de pétrole léger – s’est retrouvé en proie aux flammes. Un panache de fumée s’élevant jusqu’à 1.000 mètres se dessinait dans les airs, a expliqué le ministère chinois du Transport.

Le ministère a publié des photographies dramatiques montrant le pétrolier entièrement masqué par des volutes d’épaisse fumée noire. Le navire a ensuite fait naufrage. « D’après les dernières nouvelles de l’Administration publique océanique, le Sanchi a coulé entièrement », selon l’agence officielle Chine Nouvelle.

« Des nappes d’hydrocarbures en provenance du bateau continuent à brûler » à la surface de l’eau, a indiqué lundi matin le ministère chinois des Transports. Une nappe de 10 km sur 7 flottait encore à la surface à l’endroit du naufrage, a rapporté le Quotidien du peuple, un journal officiel chinois.

Mohammad Rastad, le porte-parole de l’équipe de secours mise en place par l’Iran, a déclaré à la télévision d’État iranienne qu’il n’y avait plus d’espoir de retrouver des survivants. « Les membres d’équipage du navire ont été tués au cours de la première heure après l’accident à cause de la puissance de l’explosion et des émanations de gaz », a-t-il dit.

« Malgré nos efforts pour éteindre le pétrolier et transférer les corps et la présence des équipes de secours, cela n’a pas été possible à cause des explosions répétées et les émanations de gaz », a-t-il poursuivi. « Il n’y a aucun espoir de retrouver des survivants ».

Pour le moment, seuls trois corps ont été récupérés sur les 32 membres d’équipage qui se trouvaient à bord, 30 Iraniens et deux Bangladais. Les opérations de recherche ont été interrompues.

D’après la télévision nationale, l’incendie a cessé de se consumer vers 10 heures locales. Des navires équipés de lances à incendie arrosent la surface de l’eau à l’aide de produits détergents, afin d’éliminer la pollution.

L’accident constitue « le plus gros rejet de condensats dans la nature de toute l’histoire du pétrole »

L’accident constitue « le plus gros rejet de condensats dans la nature de toute l’histoire du pétrole », commente depuis l’Alaska Richard Steiner, un spécialiste des marées noires, qui suppose que la totalité de la cargaison a été soit brûlée, soit répandue en mer. « Vu le mauvais état de la coque après une semaine d’explosions et d’incendie, il est probable que tous les réservoirs aient été endommagés et que tous les condensats ainsi que le carburant se soient déversés », explique-t-il à l’AFP.

Même si seul un cinquième de la cargaison s’était retrouvé dans la mer, cela représenterait l’équivalent de la marée noire de l’Exxon Valdez, qui a dévasté les côtes de l’Alaska en 1989, ajoute l’expert. À la différence près que l’Exxon Valdez transportait du pétrole brut, pas des condensats. Difficile donc de prédire l’impact d’une telle quantité de condensats sur l’environnement marin, d’après le spécialiste, pour qui le « record » jusqu’à présent ne dépassait pas 1.000 tonnes.

Pékin se veut rassurant

Depuis la collision, Pékin se veut rassurant. Les condensats auront « moins d’impact sur l’océan » que les autres types de pétrole et un impact « minime » sur l’homme vu l’éloignement des côtes, a souligné dimanche un ingénieur de l’Administration nationale des océans, Zhang Yong, cité par la télévision publique.

Mais le naufrage du bateau avant que la totalité de la cargaison ait brûlé constitue « la pire éventualité possible », a déclaré au quotidien Global Times le militant écologiste Ma Jun. Les condensats « empoisonnent la faune sous-marine », a-t-il averti.

Les condensats sont des hydrocarbures qui existent à l’état gazeux quand ils se trouvent au fond d’un gisement mais se condensent lorsqu’ils sont refroidis. En plus de sa cargaison, le Sanchi pouvait transporter environ 1.000 tonnes de diesel lourd pour faire tourner ses machines. À la différence du brut, les condensats, une fois rejetés en mer, ne forment pas une nappe en surface, mais plutôt un nuage toxique qui flotte entre deux eaux.

Des conséquences dévastatrices pour la faune

Cétacés, poissons, oiseaux et plancton qui entrent en contact avec cette pollution peuvent soit mourir à brève échéance soit contracter des maladies, des infirmités ou encore devenir stériles, selon Richard Steiner.

Or la région est une importante zone de frai pour de nombreuses espèces de gros poissons, dont les œufs ont été « sans aucun doute exposés » aux rejets toxiques, ajoute le spécialiste, avant de déplorer l’absence de données écologiques sur l’accident maritime.

« Comme personne n’a mené d’évaluation scientifique, les gouvernements comme les propriétaires du bateau vont pouvoir dire que les dégâts sont limités », prédit-il.

RTL.fr

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