25/05/2018
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Mexique : un paradis touristique devenu une bombe écologique à retardement

Des plages de sable blanc. Des retraites de yoga. Des ruines mayas. La ville mexicaine de Tulum est présentée comme un paradis écochic où l’on peut s’éloigner du stress de la vie moderne. En y regardant de plus près cependant, une face plus sombre apparaît au grand jour.

Lorsque l’activiste Carlos Meade quitta la ville de Mexico pour s’installer sur la côte caribéenne de l’État de Quintana Roo au début des années 1980, cette région était pratiquement vierge. Les tortues faisaient leurs nids tranquillement sur des centaines de kilomètres de plages désertes qui s’étendaient de la ville de Cancún à la frontière avec le Belize et étaient bordées de mangroves débouchant sur des forêts vierges.

Un système unique de rivières souterraines acheminait de l’eau depuis la péninsule du Yucatan jusqu’à la mer des Caraïbes, où le deuxième récif de corail le plus long du monde longeait la côte sinueuse jusque dans les eaux du Belize, du Guatemala et du Honduras. Depuis lors, l’histoire de la Riviera Maya est celle d’une croissance précipitée et chaotique.

Les statistiques du gouvernement mexicain révèlent que4,7 millions de touristes ont visité la région en 2016, ce qui correspond à peu près à la population de l’Irlande, et que les travailleurs migrants des zones les plus pauvres du Mexique ont rejoint la région en masse à la recherche de travail.

Les petites communautés autochtones mayas d’autrefois ont été remplacées par des complexes touristiques de 5000 chambres qui reçoivent des touristes du monde entier. La chute du prix des billets d’avion et l’augmentation du tourisme organisé font de l’aéroport de Cancún le deuxième aéroport le plus fréquenté du Mexique, et une vague de développement a entraîné une pression incroyable sur les communautés et l’environnement.

« La transformation qu’a subie la campagne a été tellement rapide et tellement violente qu’elle est difficile à saisir, » a déclaré Meade à Equal Times. « Il y a à peine 25 ans, l’autoroute Tulum-Cancún n’était qu’une route étroite et sans accotement. Les branches des arbres des deux côtés formaient un tunnel de végétation quand elles se rencontraient au milieu. »

Aujourd’hui, des milliers de véhicules empruntent chaque jour une double chaussée qui passe à travers la forêt et longe les parcs nationaux, déversant aussi bien des touristes que des travailleurs.

Dans un premier temps, le tsunami du développement s’est abattu sur Cancún, puis sur Playa del Carmen, détruisant les forêts et dévastant les mangroves au fur et à mesure qu’il avançait inexorablement le long de la côte. En 2006, Playa del Carmen était considérée comme l’une des villes à la croissance la plus rapide au monde.

Aujourd’hui, Tulum est au premier rang, une petite bourgade dont la population a triplé de 10.000 à 30.000 habitants entre 2008 et 2015, avec une prévision de croissance continue qui inquiète les environnementalistes.

 

equaltimes.org

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